[Court Métrage] Petit Prince de mes Deux

Je suis ennuyé d’écrire un billet là dessus au lieu de faire progresser l’intrigue des Tribulations de Bob mais au moins je serai débarrassé.

Petit Prince de mes Deux, donc.

Affiche Petit Prince de mes Deux

L’an dernier donc, c’était la fac d’art et si nous n’étions pas transcendés par chacun des cours proposés, il y avait tout de même deux ou trois matières rigolotes, parmi lesquelles l’atelier d’écriture de scénario. C’était l’occasion d’enfin se sortir les doigts, puisque l’évaluation se faisait en deux temps : Écrire un scénario pour le premier semestre puis en réaliser au moins quelques séquences pour le second.

L’ennui c’est qu’en début d’année, lors du premier cours avec le prof de ladite matière (en l’occurrence Mr Dominique Choisy), on ne sait pas bien quoi répondre à la question « Et bien maintenant que vous êtes prévenus, vous avez déjà une idée de ce que vous allez réaliser ? Des projets ? ». Non. En bredouille vite fait une idée de nanar élaborée avec Joris durant l’été (ceci dit, on n’abandonne pas, surtout si il entre à la Femis) histoire de ne pas répondre « J’en sais rien » mais on se rend vite compte que non, c’est sérieux, qu’il va falloir faire preuve de créativité. Comme raconter l’histoire d’un élève en médecine qui a des hallucinations.

Je me demande toujours comment s’est produit le déclic, mais lors d’une séance, j’ai soudainement eu l’envie de réaliser un truc inspiré de Renaud, Lucien, Fluide Glacial, bref, tout cet univers rigolo/décalé/loubard typique des 70’s dans la chanson et la bédé. Pour une autre raison qui m’échappe, j’en suis très vite venu à l’idée d’adapter l’une des aventures de Gérard Lambert de Renaud.

Par élimination, le Retour de Gérard Lambert c’était plus laborieux, il fallait une Simca 1000 et une pute et puis c’est surtout les Aventures de Gérard Lambert que je connais depuis mes 11 ans. Celle qui se trouvait sur une des deux cassettes de Renaud retrouvées au grenier que je n’arrêtais pas d’écouter, encore moins quand j’ai reçu mon baladeur cassettes. Je me revois encore dans le shuttle pour aller réveillonner en Angleterre, la tête posée sur l’oreiller avec entre les deux, mon casque en plastoc qui me faisait mal à l’oreille. Donc oui, les Aventures de Gérard Lambert, la chanson me plaisait, je trouvais les paroles très étranges (cet espèce de surréalisme sous-jacent qui intervient dans pas mal de chansons de Renaud) et la musique était entraînante en diable.

Petit à petit, le projet s’est dessiné, quand j’en ai fait part à Mr Choisy en lui expliquant que Renaud, Margerin et sa bande sont des influences dans lesquelles je baigne depuis très jeune, il était très enthousiaste puisqu’il semblait affectionner ce genre de références également. Tant mieux, je ne passerai pas pour une buse en classe à parler d’un projet que personne n’aurait pu biter. Je me suis longtemps demandé quelle forme cela aurait pu avoir, même si au fond une idée prédominait. Les semaines se succédèrent jusqu’au jour où Mr Choisy exigea que l’on ait terminé notre scénario, du moins une version entière pour la semaine suivante. Cela n’a pas trop chamboulé ma semaine de glande/films/jeux, mais le dimanche soir, pouf, en une heure, j’avais couché dans un document word tout ce qui me mijotait dans  le cigare depuis tout ce temps. Un bar, quatre personnages, un flashback, bim.

Initialement, voici comment cela devait se dérouler :

L’action se déroulait le 15 Avril 77 au petit matin dans un bistrot de banlieue parisienne. Loin d’être vide, l’attention se fixait d’abord sur deux piliers de bar assis au comptoir, commentant les infos transmises par la radio. « gnagnagna… Fait divers, le corps d’un enfant a été retrouvé dans la banlieue de Rungis, le crâne broyé par ce que les spécialistes considèrent comme une arme contondante »

Le barman se mêlant aux discussions, nos trois compères discutent de cette nouvelle particulièrement morbide avec un air distrait, avec l’élégance et le tact qui caractérisait ceux qui se plaignent que l’on envoie des gens sur la lune, mais que ce soit toujours la même merde pour ouvrir les huîtres. Puis débarque un nouveau personnage, venu se ressourcer comme les autres, évidemment, mais visiblement plus alarmé par le fait divers puisqu’il relance le sujet avec ses nouveaux camarades d’un matin.

Seulement, lui, il a un cousin dont le pote a tout vu et il raconte ce qui s’est passé cette nuit là. Après cette séquence habilement introduite sous forme de flashback, retour au bistrot. En parallèle de toute cette action, de courtes scènes parsemaient le scénario durant lesquelles un loubard, un hell’s angel maudit roulait sur une malaguti à l’agonie en direction du bistrot en question. Nos prolétaires continuent de débattre, de se disputer, de divaguer, de boire, jusqu’à ce que finalement le motard débarque dans le bistrot, tel le sale cowboy venu chercher des merdes au gentil John Wayne. Celui-ci demandait alors à ce qu’on lui file un coup de main car sa moto était tombée en rade. Sans plus attendre, ces braves piliers de bar venaient en aide à ce brave garçon qu’était Gérard Lambert.

L’ennui, c’est qu’il fallait trouver un bar. Et si l’ensemble du scénario et des dialogues ont été écrits en une soirée, le plus dur restait à faire. Et puis trouver un bar, ça implique plein de trucs : Demander au patron de nous le prêter pendant deux ou trois jour, ça impliquait de paralyser son chiffre d’affaire et de considérablement alourdir sa facture d’électricité. Et de mon côté, il fallait trouver du monde pour l’habiter. Après de nombreuses recherches hélas infructueuses (entre ceux qui n’étaient pas chauds et celui qui était d’accord mais qui a dû fermer peu avant l’hypothétique tournage), j’ai dû abandonner l’idée, ce que j’ai fait sans trop de regret car j’avais un plan de secours qui n’était pas plus mal : Faire de la courte séquence de nuit un film de 5 minutes au lieu de 30 secondes. Autrement dit, adapter purement et simplement la chanson des Aventures de Gérard Lambert. Ne me jugez pas.

Et ça, c’était en Avril, alors que tout le monde savait plus ou moins quoi tourner, où et avec qui. Heureusement, j’ai vite eu la possibilité de joindre Dom (l’acteur) pour lui proposer de tenir le rôle de Gérard Lambert. Il n’y avait plus qu’à lancer le bouzin. Le tournage s’est fait fin Mai grâce à Olivier avec qui nous avons un peu zoné dans la ZAC de Beauvais pour trouver un coin sympa. Après une quinzaine d’aller-retours, j’ai jeté mon dévolu sur un chemin bitumé ne menant à pas grand chose, si ce n’est des squats et des genre d’entrepôts. Ceci dit, on n’aurait gêné personne, pas même les routiers portugais qui étaient sagement restés dans leur coin au bout de la rue. Il n’était pas loin de 20h mais on ne savait toujours pas si le tournage aurait bien lieu, car sans éclairage public, c’était peau d’zobi. Oh, il y avait bien des lampadaires le long du chemin où l’on comptait tourner le film, mais on n’espérait qu’à peine qu’ils les allument dans ce coin reculé de la ville. Or, coup de bol, vers 22h, c’était bon, la lumière était. Nous avions eu le temps de tourner quelques plans avec Dom qui nous avait rejoint peu de temps avant, avant que le soleil ne se couche, puis nous avons attaqué le gros œuvre sans embûches durant une heure ou deux. À la fin, nous étions content. Mis à part mes doutes concernant le manque de lumière et la faible sensibilité d’une caméra numérique (allumer les phares de la voiture d’Olivier aura tout de même grandement aidé pour les premiers plans), j’avais tout ce qu’il fallait, puis la post-production s’est étalée jusqu’au milieu de ce mois de Mars 2013.

Il y a eu du temps perdu à glander, à triturer la timeline pour voir comment faire avancer le shmilblick pour finalement refermer Première de dépit, en se disant qu’on trouverait bien une idée durant le sommeil. Si le montage ne fût pas vraiment un problème, quelques séquences posèrent problème dans la mesure où il fallait y consacrer du temps pour rendre l’effet crédible. Par exemple, la crevaison du pneu pourrait se résumer à quelques laborieuses après-midi à ajuster des coins de masques pour bien détourer les jambes de Gérard Lambert. Et encore, il fallait régulièrement répéter l’opération puisqu’à chaque export, on prend du recul et on trouve que tel élément ne passe pas si bien que ça.

Le plus gros était à faire, l’animation du Petit Prince. Si j’avais vaguement quelques pistes comme l’animation image par image, chacune dessinée l’une après l’autre via TV Paint Animator, il m’a fallu me rabattre sur celle à ma portée : L’animation via After Effect. Cependant, hors de question d’aborder la chose sans connaissances basiques et c’est dans cette optique que je me suis procuré l’excellent ouvrage de Richard Williams pour en apprendre plus sur la démarche d’un personnage de profil par exemple.

Il ne me restait plus qu’à passer des week-end pour dessiner un beau Petit Prince sur Photoshop, en dissocier les membres pour animer le tout indépendamment via AE. Ce fût long, très long, même pas compliqué puisqu’il suffisait de déplacer des points et timer certains évènement. Mais il fallait faire preuve de rigueur pour ne pas s’emmêler les pédales et j’eus vite fait de m’y perdre dans tout ce tas de calques.

Après de nombreux rendus, de nombreux exports tests et de fastidieuses phases d’étalonnage, j’avais mon Petit Prince proprement animé sur les plans qu’il me fallait.
Je tenais un produit montrable en tant que version bêta et les quelques retours perçus peu après rejoignaient le fond de ma pensée : Il fallait maintenant appuyer l’ambiance sonore. Le travail à ce niveau fût de longue haleine et ne s’acheva finalement que quelques semaines après avoir reçu la musique définitive, lorsque je me suis scotché des porte-clés sur des après-skis avant d’aller marcher dans la rue.

Enfin, le générique. L’intro et le début. Des conseils avisés me firent remarquer qu’il serait bénéfique à l’ensemble d’apporter un aspect bédé. Puisque le Petit Prince ne s’exprime qu’avec quelques phylactères, autant l’assumer et ne pas en faire des cas isolés. Plus clairement, il ne s’agissait pas de découper le court-métrage comme une planche de BD mais plutôt de donner le ton dès l’introduction et d’y assortir un générique dans le même esprit. L’opération me prit du temps mais je suis satisfait du résultat, bien que cela aurait pu être plus propre si certaines scènes avaient été tournées dans cet idée.

Finalement, je suis assez fier de Petit Prince de mes Deux et du travail abattu. Je pense que mon seul regret aura été de ne pas avoir constitué une équipe de tournage « traditionnelle » et de m’être impliqué à trop de niveaux. Je n’avais pas le choix, et puis j’ai appris des tas de choses tout en m’investissant dans des domaines dans lesquels j’étais à l’aise. Seulement, avoir un cadreur, un ingé son, un script, un éclairagiste, un monteur & co, ça permet d’avoir différents points de vue, alors que j’étais souvent livré à ma propre opinion sur mon travail. Bah. Ce n’est qu’un court-métrage de 5 minutes tourné en même pas deux heures, mon organisation a fait qu’il n’y avait pas tellement d’autres alternatives et puis cela a suffit pour que l’on passe un bon moment et qu’il y ait de quoi être fier.

Il n’y a plus qu’à diffuser le bouzin. La principale barrière étant que pour un public ne connaissant pas la chanson, l’histoire ne rime pas à grand chose. Ceci dit, j’espère participer à des festivals de court-métrages et en juger d’après l’accueil de cet éventuel public. Il ne me reste qu’à stalker Renaud pour traverser la France et lui remettre un DVD pour la déconne et la gloire. En attendant, un film, c’est fait pour être vu et je compte bien le montrer autant que possible pour mettre un point final à cette petite aventure. Tin tintin…

Disclaimer : Si vous ne connaissez pas la chanson d’origine, je vous prie de l’écouter via le lien ci-dessous. Nous sommes sur Internet et donc à deux clics de la moindre information. Je ne connais pas le ressenti de ceux qui voient Petit Prince de mes Deux sans connaître la chanson dont il est adapté, mais je préfère que vous ne passiez pas à côté sous prétexte que votre culture musicale ne soit pas suffisamment développée (et bim).

Les Aventures de Gérard Lambert (Renaud, Marche à l’Ombre – Polydor 1980)  sur Deezer

Petit Prince de mes Deux :

Il va de soi que si vous le partagez par n’importe quel moyen, vous serez quelqu’un de bien, ça devrait vous suffire…

Oscars Night

Dimanche matin, c’était donc la nuit des Oscars, encore une fois passée en compagnie de Dé’Ciné avec lequel nous avons gribouillé/caricaturé/dessiné selon les annonces et les évènements de la soirée.

De mon côté, ça a donné ça.

 

 

 

 

Dé’ciné, allociné en moins chiant.

Tout d’abord, Dé’Ciné, c’est un lien : http://decine.fr/
Tchac.
Et quand on clique dessus, et bah c’est le blog de Joris, un jeune cinéphile féru des cahiers du cinéma qui a décidé un jour, en se levant que merde, Pénélope Jolitruc, ça va bien un temps, mais faudrait envisager de faire des blogs intéressants. Il a donc eu la folle et ambitieuse idée de réaliser quotidiennement un dessin en rapport avec l’actualité qui touche de près ou de loin au cinéma. Il est par exemple allé voler les cassettes d’échographie de Mario Cotillard-Canet pour déterminer le sexe du futur bambin puis est allé en Nouvelle Zélande pour demander à Peter Jackson si on reverrait Gimli dans The Hobbit. Renseigné, le type. On en apprend à tous les sujets. Des sorties de film, des anecdotes rigolotes, des informations qui mettent l’eau à la bouche (Stéphane Guillon incarnera Fanfan La Tulipe dans un prochain remake de Klapisch).

Il accompagne chaque note d’un dessin à visée humoristique et qui justifie le titre du site, justement. Heh…

Et récemment, le site a fêté sa première année, un an de mise à jour quotidienne et de qualité.

Dé'ciné

Qui ne tente rien n’aryen

D’une certaine manière, il est un peu tard pour parler de Naissance d’une Passion, m’enfin vieux motard que jamais.
En fait, ce qui me motive, c’est que l’affiche officielle a été terminée cette semaine et que du coup, c’est cool.

Naissance d’une Passion, d’abord, c’est un court métrage, mais pas celui qui raconte le bourgeonnement de l’amour du jeune Vincent pour la belle Sophie qui est en 4°C et pas lui donc deux mondes les séparent et c’est beau, non, pas de ça chez nous madame.

On commence par les liens ?
Hop :
La Page Facebook (avec photo du tournages, visuels & co)

http://www.facebook.com/pages/Naissance-dune-Passion/129079620437364#!/pages/Naissance-dune-Passion/129079620437364?v=wall

Le court-métrage sur Dailymotion :

http://www.dailymotion.com/video/xdk4qj_naissance-d-une-passion_shortfilms

Comme à chaque fois qu’on en parle on ne dit pas tout (car en général on oublie des trucs), je préfère tout mettre à plat, ça me laissera une trace de cette palpitante expérience pour quand je devrais montrer à mes mômes que « putain mais nan, la nouvelle vague c’est d’la merde, arrête de faire ce genre de film, regarde c’qu’on faisait à ton âge de mon temps ! ».Ça a commencé en Novembre, je crois (ça commence bien), notre prof M.Sergent (Cyril ou Staline, ça dépendait) nous demandait de faire des groupes de 3 ou 4, de tourner des images et de nous faire la main sur Avid Media Composer, le logiciel du Mal.
Ni une ni deux, on fait les groupes (on a fait deux groupes, un de 8, un de 3 et le mec que personne voulait blairer n’a rien fait car il nous blairait pas non plus) et on a écrit un scénario.
Enfin nan, ça s’est pas passé aussi vite, on a commencé par émettre des idées car quitte à faire un exercice de montage, autant chiader le projet de partout histoire qu’on en soit fier.
Notre équipe était constituée donc de Joris, Mikolaj, Arthur, Ronan, Julien, Olivier/Stéphane/Charles/Stéphanie Lopez, Jérôme puis moi-même. 8 branquignolles abruties jusqu’à la moelle.
Autant dire que l’élaboration du projet fût une franche partie de rigolade.

On a donc commencé par émettre des idées, on avait Joris et son synopsis à base de « Bah c’est un Zombie qui ère, normal quoi, sauf qu’il est tout seul, il a rien à bouffer, aucun autre zombie, donc il va au cinoche, il regarde l’armée des morts
et ce serait trop cool. Ch’uis un génie. » On était bien enthousiasmés mais pour le tournage, ça posait déjà pas mal de contraintes, on avait seulement un mois pour écrire le scénar’ et tourner le bouzin.
Inspirés par les frères Coen, Ronan et Joris ont proposé l’idée à la base de tout.
La première séquence.
Un gros plan sur une table sur laquelle s’écrase la tête d’un type.
(comme dans « A Serious Man »)

On avait la première brique, on avait plus qu’à broder autour de tout ça pour avoir un truc bien cool comme nous.
A partir de là, c’est parti en live, toutes les idées les plus saugrenues et amusantes se succédaient, c’était génial.

Le sauvetage

Petit à petit, le cadre s’est posé, dès le début on voulait que ça cause de mafieux dans un bar des années 30. Enfin bon, nous on allait faire un truc bien, pas un énième remake/film inspiré du Parrain, on en a assez bouffé.

« Bon OK, les mecs, on commence par une tête qui s’écrase sur la table, et après ?
-Bah déjà, à chaque claque, on verra un élément du titre et des crédits apparaître, ce serait chouette.
-Cool, je note.
-Et après, on aurait un plan sur les mafieux, donc.
-Et le serveur, ce serait qui dans tout ça ?
-Euhh …
-Ben le serveur ? Il ferait une bourde et …
-Ah ouais ouais ouais ! On garde.
-Stéphane, rhabille-toi s’il te plaît, tu deviens malsain.
-Bon et les mafieux ?
-Heu … Ben … Ah ouais, ce serait comme dans les blagues, y’aurait un russe, un italient …
-Un allemand ?
-Et un juif !
-Ah ouaaaais !
-Et ils feraient quoi ?
-… On les fait pas jouer aux cartes, on voit ça à chaque fois …
-Une partie de Risk ? En plus ça existait pas à l’époque, ce serait marrant. En plus, ils pourraient effectuer des actions qui correspondent à ce qu’il s’est vraiment passé, non ?
-Ah ouais putain ouais vas-y, Ronan, note.
-Ahaha ouais, et le juif, il aurait bouffé l’Allemagne à l’allemand !
-Excellent. Et le serveur il fait quoi dans tout ça ? Il soufflerait des stratégies et comme il aide le gagnant, il s’fait péter la gueule ?
-Ou alors le serveur il est allemand et il aide le mafieux juif à conquérir l’allemagne ?
-Hahaha, ouais, putain.
(…) »

Et ça a duré quelques semaines. Toutes les idées du court-métrage sont issues de l’imagination fertile de l’un d’entre nous qui aura simplement dit « Eh les mecs, et si machin il faisait ça ? ».

C’est pas tout d’avoir le scénario, mais faut aussi penser aux acteurs, au lieu de tournage, au matos, tout ça …
Pour le lieu, il nous fallait un lieu typé bar des années 20.

Ah.

Y’avait bien la Crypte à Beauvais mais c’était trop compliqué, on s’est rabattu sur la cantine des profs qui semblait correspondre.
Pour les acteurs, Mikolaj nous a proposé un pote a lui que nous ne connaissions que très peu, Marien Legrand qui nous a très vite convaincu. Le juif a été joué par le grand Lou Ken (père de Arthur) qui a très bien incarné ce rôle. L’italien homo joué par Mr. Ponthieux nous a semblé satisfaisant. Même si avec du recul il y’a clairement surjeu, ça colle avec le personnage, et c’est cool.

Enfin, le polonais. L’étoile de l’Europe de l’Est.
Janek.
Le père de Mikolaj.
L’homme était dépourvu de toute expérience cinématographique et il nous a scotché, il était naturel, il était son personnage, c’était génial.

On avait les acteurs, le lieu, il nous manquait le plus important, le Risk.
Dans un élan de bonté spontanée, en plus, le brave Slaine (le mec que les 9/10ème de la classe pouvaient pas blairer… et réciproquement) s’est proposé de nous prêter le sien, sans rien qu’on lui demande.
Je l’en remercie encore, d’ailleurs.

On avait organisé le tournage lors d’un week-end de Janvier, on avait établi le story board avec l’équipe (Joris et Mikolaj étaient les réalisateurs) quelques jours auparavant, tout était prêt.
On avait même tourné la veille les plans en stop-motion.
Un élément de dernière minute a perturbé nos plans, la veille du tournage, Arthur et son père on récupéré des rails de travelling.
Tout est allé très vite, on a tourné deux plans dans la matinée puis tout s’est enchaîné super rapidement.
Le tout s’est orchestré dans la joie et la bonne humeur, les répliques cultes, tout était parfait.
C’était ma première expérience sur un tournage et je m’y suis plu (même si j’étais le script, tâche habituellement attribuée aux femelles, mais là, y’en avait pas …).
Je rédige cet article dans le but d’avoir un bilan complet de cette expérience plus tard mais je me rend compte que je n’arriverai pas à tout retranscrire avec seulement 24 lettres. (oui c’est ça, hein, 24 lettres ?)
Néanmoins, continuons.
Nous sommes Samedi soir, c’est dans la boîte.
Ce n’est que quelques semaines plus tard que nous pourrons tourner la scène finale dans l’amphithéâtre du lycée avec des accessoires récupérés par Joris et qui changeront la donne.

Seulement, ces cons de 2nde année (c’était gratuit :p ) étaient en épreuve de montage pour près d’un mois et les stations de travail étaient occupées, on a pris notre mal en patience et ce n’est que lors des dernières semaines de Mai/Juin que nous avons pu nous atteler au montage du film avec le brave Ronan aux commandes.
Mixage audio, d’excellentes trouvailles pour la bande-son, titrage mega-relou sur Avid, compositing AE, tout un programme.
Seulement, on s’en est sorti.
L’export s’est fait non sans douleurs rectales lors des dernières minutes d’ouverture du lycée et nous en avions terminé.

Le court-métrage fait depuis son bonhomme de chemin sur le net, de festivals en festivals … On remercie bien fort Joris pour envoyer des copies du film à tout plein de festivals de courts amateurs. En effet, ça a porté ses fruits.

Prix « Meilleur film de Jeune » – Festival Video – Seyssins (38)
Prix du Public « Fêtons Court »- Festival du Film d’Amiens (80) (3ème place)

Compétition Officielle – Festival Courts D’écoles – Aunay (14)
Compétition Officielle – Festival Draguicourt – Draguignan (84)
Compétition Officielle – Festival Éclats d’Arts – Meaux (77)
Compétition Officielle – Festi’ Val D’oise – L’Isle Adam (95)

Nous avons effectué le déplacement en équipe réduite pour quelques uns de ces festivals dans la joie et la bonne humeur. Découvrir les réactions du public face à son bébé, en discuter avec eux, voir d’autres créations (parfois à chier, hein … encore plus quand elles sont proclamées « choix du jury » et que le niais de réalisateur de 18 ans reçoit 500€), c’est une expérience géniale.

Y’a un truc dont j’ai pas encore parlé, c’est l’affiche.
J’ai été chargé de ces projets, après avoir vu le brave Lénaïc poster des visuels qui correspondaient bien à l’esprit, je me devais de presser le pas et de sortir ce qui nous servirait d’affiche officielle. Après tout, j’aime dessiner, moi.

Donc ni une ni deux, je m’atelle à différents projets.
Le premier :

NDP, premier jet

Devant ma difficulté à dessiner des mains, je suis parti sur un autre projet, pour voir.
Il fallait qu’il corresponde à nos exigeances. Nous on voulait une affiche qui fasse bien années 30. L’époque où on ne se contentait pas toujours de prendre en photo les acteurs, de mettre un filtre photoshop et d’avoir le culot d’envoyer ça à l’imprimerie.

Donc ni une ni deux, je teste une nouvelle méthode de peinture, de nouveaux brushs, je prépare un dessin sur une feuille que je scanne et hop, je colorie. (La première affiche était entièrement dessinée à la tablette graphique d’où l’aspect … heu … enfin voilà.)

Et après un ou deux mois de travail, la voilà :
AFFICHE 2

On a plus qu’à descendre la clé USB à l’intendance du lycée pour en imprimer et en placarder un peu partout, histoire de pousser le vice jusqu’au bout. (De plus, la section audiovisuelle est très peu représentée …).
Pendant ce temps, Naissance d’une Passion a été envoyé à divers festivals et sous-titré en Anglais puis en Allemand grâce à Mr. Royer et Ophélie Perrin.

Hop, ça, c’est torché.